Pathologie · Hanche
Arthrose de hanche
La coxarthrose est l'usure progressive du cartilage de l'articulation de la hanche (articulation « coxo-fémorale »), qui relie le bassin au fémur.
Comprendre l'arthrose de la hanche et ses traitements
Qu'est-ce que la coxarthrose ?
La coxarthrose est l'usure progressive du cartilage de l'articulation de la hanche (articulation « coxo-fémorale »), qui relie le bassin au fémur. Cette usure touche à la fois la tête du fémur et le cotyle (la cavité du bassin dans laquelle elle s'emboîte).
C'est une affection fréquente : elle concerne environ 1 personne sur 10 après 70 ans. Elle peut apparaître sans cause identifiée, liée simplement à l'âge (forme dite « primitive »), ou être favorisée par une anomalie de forme de la hanche présente depuis la naissance ou l'enfance, un ancien traumatisme, le surpoids ou une activité physique intense et répétée (forme dite « secondaire », plus fréquente chez le sujet jeune).
Les symptômes
La coxarthrose se manifeste progressivement par :
- Une douleur de type mécanique, c'est-à-dire calmée par le repos et aggravée par la marche ou l'effort. Elle siège au pli de l'aine, sur le côté de la hanche ou à la fesse, et peut irradier jusqu'au genou.
- Une raideur articulaire, qui gêne pour enfiler ses chaussettes, se couper les ongles des pieds, monter en voiture ou emprunter les escaliers.
- Une boiterie et une diminution du périmètre de marche, pouvant obliger à utiliser une canne. L'évolution se fait généralement sur 10 à 15 ans vers une aggravation progressive, sans qu'il existe toujours un lien strict entre l'importance des lésions visibles sur les radiographies et l'intensité de la gêne ressentie.
Le diagnostic
L'examen clinique Le chirurgien évalue la douleur, la mobilité de la hanche (dans tous les axes) et la marche, en comparant systématiquement les deux côtés.
Les radiographies Une radiographie du bassin de face et de la hanche atteinte suffit le plus souvent au diagnostic. Elle recherche les quatre signes caractéristiques de l'arthrose : le pincement de l'articulation (perte de cartilage), une condensation de l'os, des géodes (petites cavités osseuses) et des ostéophytes (petites excroissances osseuses en périphérie).
Ces radiographies permettent également de rechercher une cause sous-jacente (anomalie de forme de la hanche) et de mesurer la sévérité de l'arthrose.
Les traitements
Les traitements médicaux (en première intention) Lorsque la gêne reste modérée, plusieurs mesures permettent de soulager la hanche et de retarder l'intervention chirurgicale :
- Perte de poids si nécessaire, pour diminuer les contraintes sur l'articulation.
- Antalgiques et anti-inflammatoires, sur prescription et en cure courte.
- Rééducation avec un kinésithérapeute, pour entretenir la mobilité et renforcer les muscles autour de la hanche.
La chirurgie conservatrice Chez les patients jeunes présentant une anomalie de forme de la hanche à l'origine de l'arthrose, certaines interventions visent à corriger cette anomalie (ostéotomies) afin de soulager l'articulation et de retarder la pose d'une prothèse.
La prothèse totale de hanche (PTH) Lorsque la gêne fonctionnelle devient importante et retentit sur la qualité de vie, la prothèse totale de hanche est le traitement de référence. Elle consiste à remplacer les deux surfaces usées de l'articulation par des implants artificiels : une cupule dans le cotyle et une tige dans le fémur.
C'est l'une des interventions les plus pratiquées et les plus fiables en chirurgie orthopédique, avec d'excellents résultats à long terme : environ 95 % des patients ont un très bon résultat 10 ans après l'opération.
L'essentiel à retenir La prothèse totale de hanche permet, dans la grande majorité des cas, de retrouver une hanche indolore et mobile et de reprendre une activité normale. La décision d'opérer se discute avec votre chirurgien en fonction de votre gêne au quotidien, et non uniquement selon l'aspect des radiographies.
Comment se déroule l'intervention ?
Après un bilan préopératoire complet (examen clinique général, bilan sanguin, recherche de foyers infectieux dentaires ou urinaires, consultation d'anesthésie), l'intervention est planifiée avec précision pour adapter la prothèse à l'anatomie du patient.
Le choix du chirurgien porte notamment sur :
- La voie d'abord (le trajet chirurgical pour accéder à la hanche), choisie pour limiter au maximum le sacrifice musculaire.
- Le type d'implant et son mode de fixation (avec ou sans ciment), adapté à l'âge et à la qualité osseuse du patient.
- Le couple de frottement des implants (les matériaux en contact), choisi selon l'âge et le niveau d'activité.
Après l'opération
Le lever et la marche avec appui sont autorisés dès le lendemain de l'intervention, dans le cadre d'un protocole de récupération rapide après chirurgie. La sortie intervient généralement vers le 3ᵉ jour.
Un traitement préventif contre la phlébite est prescrit pendant plusieurs semaines. Des contrôles radio-cliniques sont ensuite régulièrement afin de surveiller la bonne intégration et la longévité de la prothèse.
Ce document a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Seul un examen clinique permettra d'évaluer votre situation personnelle et de discuter avec vous de la prise en charge la plus adaptée.
Ces fiches sont informatives et viennent compléter l'information délivrée en consultation. Elles ne remplacent pas un avis médical.